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1 semaine sur Long Island, bijou des Bahamas

Les Bahamas ne sont a priori pas la première destination à laquelle on pense lorsqu’on aime bouger. Et pourtant ! Les Bahamas ont fait tomber tous nos clichés et c’est une destination qui restera chère à notre coeur. Attachante, apaisante et spectaculaire. On est ébloui, fasciné par ce qu’on découvre car on ne pense pas qu’il reste encore des endroits si peu fréquentés aux lignes si pures. Cela est d’autant plus vrai que nous avons commencé notre voyage par Long Island, un petit trésor de beauté. 

Ce qui frappe en premier c’est à quel point ces langues de terre sont plates, comme déposées délicatement à la surface d’un océan d’un bleu féroce et sans concession. On frissonne à l’idée de ce que ce petit paradis doit affronter pendant la saison des ouragans.

Ensuite, c’est ce bush qui recouvre la plupart des îles. Une forêt sèche et dense qui cohabite avec la mangrove. avant de laisser la place à des plages féériques bordées par des récifs coralliens riches.

Enfin, c’est cette impression d’être hors du temps. Nous avons pu déconnecter comme rarement au cours de nos voyages. On a l’impression d’être coupé des bruits du monde, de ne plus être parasité par ce qui ne nous concerne pas. Si au début, adopter ce rythme est déstabilisant, on prend rapidement conscience à quel point nous avons oublié ce que « prendre son temps » signifiait. On délaisse peu à peu nos habitudes, et on se glisse dans le balancier du temps présent. On comprend mieux ce rythme lorsqu’on rencontre les locaux : se suffire de l’instant présent, ne pas angoisser des lendemains, adopter un certain fatalisme face aux événements, faire preuve d’une vraie gentillesse mais pas de naïveté. On a adoré ce chamboulement.

Nous vous partageons ici pêle-mêle notre programme rythmé par les dégradés de bleu entre mer des Caraibes et Océan Atlantique. On le répète mais cette île est un diamant brut.

  • Dean Blue Hole

L’endroit est mondialement connu : c’est ce gigantesque trou bleu qui plonge à pic dans les profondeurs de l’océan. On y arrive par une petite route sur votre gauche juste avant d’arriver à Clarence Town en venant du Nord (depuis Deadman’s Cay). Tout au bout un parking. Vous pourrez emprunter le petit chemin qui se fraie un chemin sur le côté du blue hole à gauche en arrivant du parking. Une fois en haut, nous avons une magnifique vue sur la baie protégée de la fureur des vagues de l’océan. Le contraste est saisissant entre le bleu du lagon et les vagues au bleu sombre qui se fracasse sur les rochers à l’entrée de l’anse. L’endroit est mondialement connu pour ses compétitions d’apnée et on comprend pourquoi. Si l’endroit est plus petit que ce qui parait sur les photos, il exerce une vraie fascination. On se sent irrésistiblement attiré par les profondeurs : lorsqu’on approche du bord on entr’aperçoit l’incroyable vie sous marine qui évolue dans ce trou béant. Les plus courageux iront y faire un tour, les autres se contenteront d’admirer de loin. Mais rassurez vous aucun danger, il suffit  bien évidemment de savoir nager. 

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  • Colombus Point

Tout au nord de l’île de Long Island, un chemin indique le Colombus Point. Nous vous prévenons : s’y aventurer est quelque peu sport étant donné l’état de la piste : c’est une vraie piste, longue, avec son lot d’ornières et assez étroite par endroit (comprenez, attention aux rayures sur la carrosserie). Mais le jeu en vaut la chandelle : le point de vue au coucher de soleil est très beau, on est à la pointe nord de l’île on a donc l’océan qui s’ouvre devant nous. On est à la rencontre entre océan atlantique et mer des caraïbes, légèrement en hauteur (ce qui est rare aux Bahamas). On laisse la brise marine nous bercer au rythme des derniers rayons de soleil. 

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  • La plage de Cap Santa Maria pour ses incroyables couchers de soleil

Cap Santa Maria est avant tout une immense plage de sable blanc, le long de laquelle un des rares hôtels de l’île s’est installé. Le sable y est d’une rare finesse et les couchers de soleil sont à couper le souffle. On peut y venir librement ou aller prendre un verre au bar de l’hôtel.

Nous empruntons une piste, bien entretenue, pour nous y rendre. Nous voyons le soleil inexorablement descendre sur l’horizon, et la plage est encore loin mais la piste ne nous permet pas d’accélérer plus que de raison. Arriverons-nous à temps ? la réponse est bien évidemment OUI ! Mais à refaire nous anticiperions et viendrions nous installer tranquillement en fin d’après midi pour profiter sereinement de la beauté du spectacle.  

 

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  • Gordon’s Beach, à l’extrémité sud de Long Island

Gordon’s Settlement est situé à l’extrême sud de l’île. Autant vous dire que nous y sommes arrivés car nous avions loupé un embranchement. Nous avons eu l’air malin lorsque la route s’est brusquement arrêtée. Nous notons ce bout de bleu sur notre droite et allons garer la voiture. Et là c’est une plage comme on n’ose en imaginer qui s’ouvre à nous. D’abord, la plage est déserte. Il n’y a strictement personne ! Quel bonheur. Ensuite, c’est cette eau si turquoise qu’elle se reflète dans les nuages et leur donne une couleur bleu-vert tout à fait surprenante. Enfin c’est la possibilité de marcher sur des kilomètres sans rencontrer âme qui vive, de fouler un sable incroyablement doux, de s’approcher de la barrière de corail à pied, d’admirer les pêcheurs de langoustes. Quelle île incroyable ! Nous avons passé la journée sur place. Prévoyez un pique nique car vous l’aurez compris, on est seul au monde.

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  • Sandy Cay

Au départ de Seaside Village, Locksley, notre commandant de bord, nous embarque direction ce qui reste l’une des plus belles sorties que nous ayons effectué tout voyage confondu. Direction Sandy Cay et ses bancs de sable.

Pour s’y rendre, il faut impérativement des bateaux à fond plat. Les propriétaires de la villa où nous logeons connaissent bien la personne qui organise cette sortie. Avec beaucoup de gentillesse, ils s’occupent d’organiser la journée. Ce traitement privilégié ne vous empêche pas d’organiser l’excursion par vous même : il suffit de se rendre à  Seaside VIllage et de demander Locksley. Pour une journée en mer, comptez 125$/personne. Autant vous dire que c’est certainement les 125$ les mieux dépensés depuis bien longtemps.

Seaside village c’est aussi un endroit pour manger et boire un coup. On en profite donc pour commander la spécialité du chef, Kenny. Avant d’embarquer, nous prenons une salade de conques fraichement préparée sous nos yeux en prévision du déjeuner.  Nous sommes fin prêts pour le départ et montons à bord de notre embarcation. Ce petit bateau à fond plat traverse la zone marécageuse entre terre et mer, et file à tout allure sur les eaux turquoises. Un premier arrêt sur un banc de sable avant de partir au large, côté mer des Caraïbes. Ici, interdiction de se baigner ; c’est le lieu de festins de nombreux requins. Aucun problème, nous laissons glisser le sable entre nos orteils et apprécions la vue qui s’offre à nous. Nous repartons sur notre petit bateau pour sortir des terres.

Et là c’est un premier choc : ce bleu si turquoise s’étend à n’en plus finir. La surface de l’eau est délicatement sculptée par le frémissement des vagues ondoyantes.  Les fonds semblent à portée de main, le sable blanc donne une couleur translucide à l’eau.

On part à la recherche des étoiles de mer.. Autant vous dire que nous ne voyons rien : éblouis par le soleil, fascinés par l’immensité, nous faisons confiance à notre guide pour trouver les tranquilles echinodermes. Un chenal s’ouvre à nous, nous permettant de naviguer à vue. Il faut savoir que Bahamas signifie “las islas de la Baja Mar” ou îles de la mer basse. Nous allons vite prendre tout le sens de cette dénomination. Notre commandant de bord du jour repère une étoile de mer. Il nous demande de mettre masque et tuba. Nous nous apprêtons à sauter dans le grand bleu, au milieu de rien, ignorant tout de la profondeur sous nos pieds, face à l’inconnu, avec dans un coin de notre esprit un requin qui passerait par la. Courageux, hop, nous sautons. Et là grand éclat de rire, il ne doit pas y avoir plus d’1m20 d’eau, elle nous arrive à la taille. Effectivement la mer est basse, et nous, nous sommes rassurés. Nous ramassons ces énormes étoiles de mer. Elles sont splendides et assez lourdes. Bien évidemment nous les relâchons et les laissons repartir dans leur milieu naturel.  Nous poursuivons notre chemin lorsque les raies s’invitent dans la partie. Depuis le bateau, nous voyons décoller une première raie noire imposante qui d’un battement d’aileron s’évapore dans le décor turquoise. Nous en apercevons une autre grise paisiblement enfouie dans le sable. Ensuite, Locksley nous dépose sur un banc de sable que la marée découvre selon son bon vouloir. Quelle expérience unique, quels instants suspendus ! Ce banc de sable semble éphémère, entouré des eaux menaçantes d’un bleu profond, sombre. Quelques étoiles de mer flottent sur les rivages éphémères. 

On reprend la mer pour quelques minutes et là : la claque. Sandy Cay ou l’un des endroits les plus incroyables que nous ayons vu (oui, cela fait beaucoup de superlatifs, mais j’insiste cet endroit est incroyable). L’eau à fleur de sable ou le sable à fleur d’eau, façonné patiemment par la mer. Il n’y a strictement personne. On marche d’abord timide devant la beauté de l’endroit puis totalement euphorique, on laisse les premières empreintes du jour dans le sable, on ne sait plus dans quelle direction se perdre. Notre capitaine nous confie qu’il vient souvent faire la sieste ici, il se laisse bercer par les vagues, à l’ombre, dans son bateau. Quel bonheur ! Cette solitude est un trésor dont on ne se lasse pas.

Mais l’endroit n’est pas totalement désert. On y découvre l’environnement nourricier des conques, si chers à la cuisine bahaméenne. On en trouve de toutes les tailles, à demi immergés dans le sable. Les conches ont la compagnie des crabes bleus quelque peu agressifs. Ils sont enterrés dans le sable, attention où vous posez les pieds !

On se pose ensuite au milieu du banc de sable pour pique niquer. Que dire de ces moments enchanteurs mis à part que c’est exactement pour ces instants que nous voyageons.

On reprend à regret le bateau direction l’île aux cochons ! Et oui depuis peu, des cochon sont également sur une des plages de Long Island. L’énorme avantage est qu’il y a beaucoup (mais vraiment beaucoup) moins de monde que sur Exumas. Seuls quelques initiés connaissent l’endroit et le préservent jalousement. C’est simple nous étions deux petits bateaux sur la plage. Les cochons font un peu les timides avant de se laisser approcher ou d’aller se rouler dans l’eau. Quelle vie ! 

Nous clôturons la journée par une dernière course à fleur d’eau. Ce fut une journée inoubliable.

  • Hog Cay

Hog Cay se situe juste avant d’arriver à Cape Santa Maria. On y découvre une longue plage sur laquelle on peut accoster et lézarder. Un peu plus loin, un étroit passage où le bateau passe tout juste entre deux rocs s’ouvre alors sur un enchevêtrement de sable, d’eau turquoise et de courants marins. Cà et là, un bateau échoué témoin muet et immuable du terrible ouragan Joacquim. On peut accoster sur la plage déserte. Attention aux coups de soleil ! On se protège et on n’hésite pas à remettre le t-shirt pour aller se baigner. 

 

  • Clarence Town

Clarence Town est la ville principale de Long Island. A l’image du reste de l’île, cela tient plutôt de quelques jolies maisons paisiblement posées la. On aimera la jolie église blanche surplombant le tout. Un habitant est toujours là pour vous ouvrir la chapelle à la visite, mais pensez à laisser un “don”, sinon on vous le fera remarquer.

Faites un pause déjeuner au Winter Heaven Inn Restaurant. On a adoré la gentillesse de notre hôte et ses hamburgers.

  • Local Market à Salt Pond tous les samedis matins

Un marché local est ouvert tous les samedis matins au niveau. Nous vous conseillons d’y aller très tôt pour avoir le choix. N’hésitez pas à acheter de l’huile de coco : pure et très odorante, un régal.

  • Et tout le reste

Lorsqu’on vous dit que nous n’avons pas eu le temps de tout faire, nous n’exagérons pas. Voici quelques exemples que vous pouvez ajouter à votre itinéraire mais que nous n’avons pas pu visiter/faire :

  • Les Rock Swimming Pool proche de Stella Maris : à faire à marée basse uniquement
  • Hamilton Cave, situé au centre de Long Island à Hamilton
  • La plage avec les iguanes, à faire par bateau

Bref Long Island est une île comme nous en avons peu trouvé. Cela tient notamment au fait qu’elle refuse de s’ouvrir trop fortement sur l’extérieur: aucune liaison directe avec les USA, aucun vol de nuit, un tout petit aéroport, très peu d’infrastructures hôtelières. Elle est très préservée, sa beauté est sauvage, abrupt et pure. C’est un vrai gros coup de coeur, comme cela fait longtemps que nous n’en avions pas eu !

 

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