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Andalousie : 2 semaines en roadtrip

L’Andalousie fait partie de ces régions où l’imaginaire vient côtoyer les envies de voyage. Pourtant, elle a su nous surprendre. Montagneuse, au ciel passant du bleu éclatant au gris sombre menaçant, aride et pourtant si belle, l’Andalousie nous a ravie.

Il faut savoir que l’Andalousie est très vaste. Nous étions vraiment ambitieux quant à notre programme. Fort heureusement, le roadtrip permet d’adapter le rythme. Au final, nous nous sommes concentrés sur la partie orientale de la province.

Organisation du voyage

Nous sommes partis sur un coup de tête, destination qui nous trottait dans la tête depuis un moment mais qui n’était pas forcément prévue dans l’immédiat.

  • Période de voyage : 30 avril au 14 mai
  • Mode de transport : voiture
  • Point de départ : Var
  • Kilomètres parcourus : + 4000
  • Hébergement : tente en camping  (sauf à Cordoue, hôtel)

Dans la valise (ou plutôt dans le coffre de la voiture),  nous avions :

  • Tente
  • Duvet chaud
  • Réchaud Gaz
  • Table et chaises de pique nique
  • Maillot de bain
  • Chaussures d’eau
  • Chaussures de randonnée

Notre itinéraire en Andalousie, avec comme porte d’entrée Cabo de Gata et dernier lieu visité, Cordoue, avant le retour en France :

Les immanquables

  • Fêter un jour férié dans un village espagnol
  • Déguster du jambon de Trevelez
  • Partir à l’assaut du mont Mulhacen 
  • Déguster (et emporter dans sa valise) les huiles d’olive de la région de Cazorla
  • S’immerger dans les maisons troglodytes de la région de Guadix
  • S’imprégner de l’incroyable histoire de l’Andalousie : Baen, Ubeda et Cordoue
  • Profiter des bains arabes à Cordoue ou aux alentours

Itinéraire

Etape 1 – Cabo de Gata

Après 1400 kilomètres de route, nous voilà à la porte de l’Andalousie. Quel ne fut pas le choc à la sortie de l’autoroute à Campohermoso (le mal nommé) de découvrir non pas le bleu de la mer, mais une étendue de plastique. On a beau regardé de tous les côtés, ce ne sont que des serres de plastiques à perte de vue. Drôle de début de roadtrip ! Il faut le savoir ces étendues fournissent nos étales de fruits et légumes tout au long de l’année. Devant ce paysage, le coeur se serre. Que reste-t-il de naturel ? Ce genre de vision fait vraiment réfléchir à nos modes de consommation, à l’impact que cela a sur l’environnement, sur les modes de vie locaux. Loin du politiquement correct ou d’essayer d’être dans l’air du temps, ce sont ces expériences qui nous font évoluer.

Nous dépassons ce drôle d’endroit et entamons notre montée vers le col qui mène au parc de Cabo de Gata. « Col » est un bien grand mot. Mais la séparation nette entre la mer de plastique que nous laissons derrière et les falaises volcaniques plongeant dans le bleu sombre de la mer face à nous nous donne l’impression de changer d’univers.

Nous découvrons un univers aride façonné par l’activité millénaire et impétueuse des volcans. Cette barrière rocheuse semble nous protéger du reste du monde. Un climat doux baigné de soleil nous permet de profiter de ce premier mai, férié en Espagne également. Nous campons juste à côté de Las Negras, petit village blanc, posé sur ce sol désolé et aride. La fin de journée nous invite à une escapade au coeur du village. La musique dans les rues, les gens réunis chantant en coeur au milieu des rues ont un goût d’intemporel. La douceur de vivre nous cueille et nous nous laissons porter par le choeur des voix. Le ciel se fait menaçant, le contraste s’accentue et crée un paysage de chaos. 

Las Negras Cabo de gata

Le lendemain, nous nous enfonçons plus avant dans le parc. Deux volcans assagis nous surprennent au loin, au détour d’un col, surveillant la baie de los Escullos de leur silhouette imposante.

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La route serpente descendant jusqu’à ce petit hameau paisible.

La route devient parfois piste, nous menant à de belles plages au sable fait de grossiers gravillons. La mer est sauvage, le vent rend abrupte la beauté des lieux. On se pose sur la plage de Los Genoveses pour un pique nique au son des vagues. Il y a peu de monde, la basse saison permet d’apprécier l’endroit en silence.

Le retour est ralenti par un troupeau de chèvres téméraires, nous regardant de haut avec une mélange de mépris et de curiosité.

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Nous poursuivons la route. San José est le gros village où l’on peut trouver une petite épicerie, une boulangerie. Nous avons voulu faire le détour pour nous rendre à la pointe du Cabo de Gata. Peu d’intérêt au final, d’autant que cela fait sortir de cette zone protégée et à nouveau passer par la zone de plastique.

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Il est possible de relier la plage del Barronal à la pointe du Cabo de Gata à vélo ou à pied. Le sentier est large mais pas du tout ombragé. A éviter en plein été !

Le temps ne l’a pas permis mais faire du kayak en longeant la roche doit être des plus agréables.

Où dormir ?

Nous avons planté notre tente au Camping La Caleta à Las Negras. Parfait en hors saison. Nous n’avions pas de réservation mais le camping était presque entièrement vide. Il est situé entre deux parois avec un accès direct à la plage et aux sentiers alentours.

La Sierra Nevada et ses villages blancs

Nous quittons la mer pour la montagne, la haute montagne. Qui aurait cru que nous aurions de la neige en mai ? En Andalousie ? Toute personne sachant que le plus haut point de cette chaine montagneuse, le Mulhacen, culmine à plus de 3000 mètres. Paradis des alpinistes, c’est un écrin rêvé pour la randonnée….quand le temps le permet.

Revenons en arrière : nous nous perdons sur les petites routes sinueuses de montagne. Les villages se succèdent : Berchules, Alcutar, Juviles. Nous jouons aux équilibristes sur les flancs de ce massif ensemble de sommets qui s’impose, étendant sa puissance jusqu’à la mythique Grenade.

Nous arrivons à destination : Trevelez. Coincé au fond d’une vallée, portes d’entrée des étendues de la Sierra Nevada, Trevelez est le paradis du jambon ibérique. Des séchoirs à tous les étages de ces petites maisons blanches : un régal pour les papilles. Un village haut, un village bas. Un dédale de ruelles au blanc éclatant. Et c’est là que le temps se gâta et que nous découvrîmes qu’il pouvait neiger au mois de mai en Andalousie. Mais n’allons pas trop vite. Nous avons aimé parcourir ce village à flanc de montagne, à la recherche du meilleur jambon local. Autant vous dire que nos papilles se sont régalées. Ce jambon est un bijou.

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Le lendemain, nous nous équipons pour une courte randonnée sur la demi journée en direction du Mulhacen. Nous faisons halte à Busquistar, avant de poursuivre vers les villages les plus connus : Pampaneira, Bubion et Capileira, point de départ de notre balade du jour. Le ciel se fait toujours plus menaçant, la neige n’est pas loin.

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Nous avons envie d’y croire, nous voilà partie sac sur le dos, à l’assaut de la Sierra Nevada. On retiendra que l’assaut n’a durée que l’espace d’une petite heure. Plus nous montons en altitude, plus l’air se refroidit et tout à coup la pluie fine se met à tomber puis se transforme en neige. La masse de nuage descend des sommets : jour blanc. Nous redescendons entre éclats de rire et courses à travers les sapins pour atteindre au plus vite la voiture. Le temps n’est décidément pas de la partie, nous retournons chercher tente et table et redescendons vers Grenade.

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Où dormir ?

Légèrement à l’extérieur de Trevelez, un camping, le seul camping de Trevelez en réalité, en étage à flanc de montagne offre une belle vue sur le village et les montagnes environnantes. Très peu de monde à cette époque de l’année.

La région de Guadix et ses sites troglodytes

Encore une jolie surprise, nous avons découvert une région où l’habitat troglodyte reste encore aujourd’hui utilisé.

Nous étions partis pour visiter Purunella, mais nous avons été deçus par la ville, le manque d’indications, nous avons donc décidés d’emprunter les chemins de traverse. C’est là que nous sommes tombés après Graena sur ces villages à l’écart. L’habitation se fond dans les terres ocres et arides. 

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La Sierra Cazorla

Nous passons de la région de Guadix à la Sierra Cazorla en traversant des paysages monotones et pourtant hypnotisants. Cette région est dédiée à la culture des oliviers et à la production d’huile d’olive.

L’olivier tient une place particulière dans la région méditerranéenne. On admire le noueux de ses branches, les jeunes pousses qui essaient de faire leur place entre les feuilles, on apprécie l’ombre bienvenue par une chaleur déjà bien présente.

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On arrive à Cazorla, village plein de charme sur son promontoire rocheux à l’entrée de la Sierra du même nom.

Ce parc naturel est un beau terrain de jeu pour tout amoureux de la nature : cascades, rivières, forêt.

cazorla

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Où dormir ?

Nous avons dormi dans le camping de Cortijo San Isicio. Bon à savoir: tous les emplacements ne sont pas accessibles en voiture lorsqu’on a une tente. L’endroit est verdoyant et ravissant.

Les bonnes adresses

  • La coopérative d’huile d’olive de Cazorla qui vend l’huile d’olive en direct. N’hésitez pas à la goûter ! Vous trouverez leur site web ici.
  • Pour déjeuner ou dîner, essayez la Meson Don Chema. La déco est un peu particulière mais les repas sont un régal !
  • Pour boire un verre et déguster des tapas tout en finesse et originales, poussez la porte de la Taberna Lusco.

Ubeda & Baeza

Ubeda et Baeza sont deux petits bijoux qui montrent que l’Andalousie ne se résume pas aux villes les plus connues de Cordoue, Séville et Grenade.

Ces deux villes se vivent de l’extérieur, au hasard d’une ruelle, au détour d’une place. L’architecture y est grandiose posée dans cet écrin d’oliviers qui entoure les deux cités. On y passe la journée, on se pose dans un restaurant pour y déguster du vin blanc et quelques tapas.

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Cordoue

Cordoue est une ville dont la réputation la précède. Et pourtant nous avons été si surpris du reste de l’Andalousie que nous y sommes allés sans a priori. Voici un condensé de ce que nous avons adoré :

  1. La Mezquita-Cathédrale et l’Orangeraie

Il est possible de visiter la Mezquita gratuitement le matin entre 8h30 et 9h30, avant la première messe. Arriver vers 8h pour ne pas être perdu en fin de file d’attente. Une fois entré, laissez passer le flot de visiteurs, et profiter de la quiétude du lieu.

Cet endroit dégage une aura mystique et même extatique. Ces pierres sont le témoin d’une histoire à la richesse ancestrale, en un temps où les croyances étaient lois, où le sublime imposait le maitre, où l’art servait le pouvoir de toute sa splendeur. Alternance d’art islamique et d’art gothique, on sent cette terre tiraillée entre son histoire aux multiples visages.

Cette galerie où alterne le rouge brique et le blanc du marbre a quelque chose d’hypnotique.

Le Mirah nous laisse subjugué, tentant vainement de capter la beauté et la finesse du travail humain sur la matière.

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2. Le Quartier de la Juderia

S’éloigner de la Cathédrale-Mezquita, de l’agitation, et s’enfoncer dans les ruelles du plus vieux quartier de la ville.

3. Le festival des patios fleuris

Nous avons eu la chance de tomber en pleine période des patios fleuris. C’est un concours ouvert à toutes les habitations, qui invite les habitants à fleurir leur patio de la plus belle des manières pour être sacré plus beau patio de la ville. Chacun s’y prête rivalisant d’explosions de couleurs, de verdure et d’imagination pour créer un espace fleuri opulent. Un plan est à disposition des visiteurs un peu partout en ville pour nous permettre de trouver les patios ouverts au public. Ce côté un peu kitch devient bien vite enivrant, on sent l’amour du détail, l’envie de rendre beau, la générosité de partager une tradition héritée de l’histoire de la ville. Entre culture romaine et musulmane, ces patios ont été pendant longtemps des havres de fraicheur au coeur de la fournaise estivale.

Il ne faut pas oublier que ces patios sont dans les propriétés privées des habitants qui ont la gentille d’ouvrir leurs portes aux touristes

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4. L’Alcazar de los Reyes Cristianos

Lieu de torture pendant l’inquisition, il ne reste pas grand chose des intérieurs. Tout l’intérêt réside dans les splendides jardins autour de l’édifice. On y flâne, et on profite au printemps des centaines de fleurs

5. Ecuries royales

On peut y entrer gratuitement la journée et regarder les cavaliers travailler avec leurs chevaux.

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6. Casa Andaluz

Un petit bijou qui concentre l’art de vivre à l’andalouse.

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7. Casa de Sefarad

Retrace l’histoire des juifs andalous. Riche d’enseignement.

Les bonnes adresses

Pour manger un très bon salmorejo,  optez sans hésitation pour la Casa Rubio. Préférez une table sur le toit pour admirer Cordoue d’en haut.

Pour un excellent spectacle de flamenco, passez la soirée au Tablao Cardenal

Bon à savoir

La ville de Cordoue est depuis longtemps victime de son succès, et il y a un nombre incalculable de groupes de tour opérateur qui sillonne les endroits les plus connus. Privilégiez des heures un peu différentes, et/ou aventurez vous en dehors du circuit classique autour de la Cathédrale Mezquita.

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